9 août 2007

Le Parc National du Banc d'Arguin : un écosystème à l’équilibre fragile.

Le parc national du banc d'Arguin est une réserve située entre Nouakchott et Nouadhibou, en Mauritanie. Il longe le littoral mauritanien sur plus de 180 km et couvre une superficie de 12 000 km2 composée à parts presque égales de zones maritimes et terrestres.

















Cet écosystè
me côtier exceptionnel est baigné par des remontées d'eaux profondes, froides et riches en éléments nutritifs. La présence simultanée d'herbiers et d'un upwelling important engendre une productivité biologique élevée et explique la présence de populations denses d'oiseaux d'eau, de poissons, d'invertébrés et de mammifères marins.

C'est dans le but de protéger ce milieu unique et la biodiversité qu'il abrite que le Gouvernement mauritanien a créé, en 1976, le Parc National du Banc d'Arguin. Parallèlement, il a été décidé que les Imraguen qui occupent huit villages répartis le long de la côte seraient les seuls autorisés à pratiquer une exploitation contrôlée des stocks halieutiques dans l'enceinte du Parc où l'utilisation de bateaux à moteur est strictement interdite.

Les Imraguen sont aujourd'hui 1 500. Ils se sont sédentarisés pour devenir pêcheur sur le Banc d’Arguin. Ce peuple doit sa survie à la création du parc national qui a permis la protection de leur mode de vie. Le banc d'Arguin est un immense hauts-fonds, on y a pied sur des dizaines de kilomètres. Ces fonds sont extrêmement riches, les mulets jaunes y nichent dans les vasières. Les Imraguen y pratiquent une pêche traditionnelle, soit à pied, à l'aide de filets, soit avec des filets maillants de plus grande taille, à partir de lanches, bateaux traditionnels ayant un faible tirant d’eau et à voile latine, économiques et adaptées aux conditions locales.

Le parc national du banc d'Arguin reconnu, en 1982, comme Zone humide d'importance internationale (Convention de Ramsar) a été déclaré, en 1989, site du patrimoine mondial dans le cadre du Programme l'Homme et la Biosphère de l'UNESCO.


Aujourd’hui, le banc d’Arguin est ainsi devenu une des grandes richesses écologiques de la planète. Le banc d'Arguin étant une zone de production importante mais saisonnière, s'il n'y avait pas eu la création du parc national, l'endroit aurait été pillé par la demand
e internationale et les Imraguen auraient probablemnt disparu. Menacé il y a une dizaine d’années de pillage par les asiatiques qui souhaitaient venir y pêcher le requin recherché pour son aileron. Le parc y a interdit la pêche au requin.

Plus récemment, l'exploitation du pétrole au large de Nouakchott, proche de la limite sud du banc d'Arguin constituait un risque de pollution de la zone. Les Mauritaniens y ont mis des conditions drastiques pour limiter les dégâts.

Mais l'équilibre homme nature reste fragile.
Depuis quelques années, les richesses s’amenuisent. Le dispositif de régulation etant insuffisant, la
demande dépasse l’offre. Le parc naturel est désormais victime de la surexploitation des ressources halieutiques. La disparition des poissons amène toujours plus de pêcheurs, des industriels comme des artisans, à se fournir illégalement dans le parc. Deux types d’espèces sont principalement touchées : les céphalopodes comme la seiche ou le calamar, et les mulets jaunes, dont on extrait les œufs pour en faire de la poutargue, un mets prisé dans la cuisine casher.

Le parc national du banc d'Arguin est menacé à plus long terme par la montée du niveau de la mer, qui risque de mettre en péril ce type même de pêche et les particularités de cet écosystème d’une richesse exceptionnel lié à la présence des hauts-fonds.

EN SAVOIR
PLUS :

Le Parc National du Banc d'Arguin






"Le Livre des Imraguen" de Marie-Laure de Noray-Dardenne
Editions Buchet-Chastel.

UICN - Union mondiale pour la nature en Mauritanie

La fondation Internationale du Banc d’Arguin (FIBA) est en charge de la mise en œuvre du programme régional de conservation de la zone côtière et marine en Afrique de l’Ouest en collaboration avec l’Union Mondiale pour la Nature, le WWF, Wetlands international. Le programme concerne la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, a guinée –Bissau, la Guinée et la Cap-vert. L’objectif est notamment de constituer, dans les prochaines années, un réseau régional d’aires marines protégées contribuant à la conservation des écosystèmes et à la gestion participatives des ressources naturelles.


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