15 sept. 2007

Arsenic dans l’eau : 80 millions de personnes contaminées au Bangladesh

Sur une population de 150 millions d’habitants, 80 millions de personnes sont contaminées par l’arsenic, dont 20 millions sont totalement incurables. Ces personnes développement des maladies de peau, puis des cancers et gangrène qui entraînent l’amputation lorsque ce n’est pas la mort.

















Ce fléau dévaste un pays dont 90% des habitants vit en dessous du seuil de pauvreté. L'OMS l'a qualifié de plus grande contamination collective au monde. Ils estiment même que le coût humain dépasserait à nos jours ceux de la catastrophe de Bhopal et de Tchernobyl réunis. La contamination à l'arsenic au Bangladesh représente le plus grand empoisonnent mondial dans l'histoire de l'humanité.


A la fin des années 60 la révolution verte à lieu au Bengale. Le souci économique a pris le pas sur celui de l'écologie, entraînant de graves perturbations environnementales. Des doses massives d'engrais et de pesticides ont été utilisées. Ils se sont infiltrés dans le sol, contaminant les différentes nappes phréatiques. Les produits chimiques utilisés ne firent à l'époque le sujet d'aucunes analyses. De plus, la nécessité d'une irrigation accrue s'imposa naturellement, ce qui acheva d'installer le drame. L'UNICEF mit en place des pompes à eau qui puisaient dans les eaux profondes.
Au départ, les villageois ont refusé de boire l'eau des puis, car c'est l'eau du diable selon eux. Ces paysans savaient que l'eau des trous était polluée. Mais les fonctionnaires internationaux de l'UNICEF n'ont pas tenu compte de ces paroles, car elle n'était pas dite sous le mode de la rationalité occidentale. Le problème symptomatise bien une projection occidentale sur le fait de ne pas s’être questionné sur les paroles et la peur des paysans qui parlent de « l'eau du diable ».

Mais, ne se souciant guère des répercutions, l'organisation n'a pas pris soin de faire des testes afin de savoir si ces eaux souterraines étaient potables ou non. Or malheureusement, par une succession de réactions chimiques naturelles l'arsenic se forme et est présent en très grande quantité dans ces nappes phréatiques. Contre toute attente, ces pompes qui devaient sortir les habitant du pays de la misère, les conduisirent donc à leur perte. Selon l'OMS, le taux maximum autorisé d'arsenic dans l'eau ne doit pas excéder 0,001 gramme par litre. Or, de nombreuses zones au Bangladesh oscillent entre 0,005 et 0,015. De plus, en raison du climat la consommation par habitant correspond à plus du double de celle d'un pays à la température modéré comme la France.
Dans l'ensemble des villages ruraux il n'y a pas d'eau courante. La banque mondiale a beau versé des millions et des millions, rien n'y fait. La cupidité de l'homme est mise en exergue. Entre 2001 et 2005, la banque mondiale a augmenté son aide de 20 millions de dollars à 40 millions pour solutionner ce fléau. Ces fonds semblent être détournées au profit des portefeuilles des hauts fonctionnaires de l'Etat.

L'eau fait vivre, mais elle fait aussi mourir au Bangladesh. Les actions pour enrayer la dramatique contamination doivent être menées rapidement, mais hélas le documentaire s'achève sur un constat dramatique, et une accumulation de fautes communes. Ce sont les plus pauvres qui en pâtissent.


Ce problème est connu depuis plus de 20 ans par les hautes autorités du pays, ainsi que par de nombreuses ONG. Mais il n’est toujours pas résolu. Pire : il semble ignoré par une majorité du monde occidental. En France ce n'est qu'en 1995 qu'il fut en partie mis à jour grâce au réalisateur Amirul Arham.

Depuis le début des années 90, la contamination par l'arsenic des eaux souterraines est reconnue comme un problème de santé publique au Bangladesh, en Chine et en Inde, et plus récemment au Cambodge, en Iran, au Laos, au Myanmar, au Népal, au Pakistan et au Vietnam. Des études réalisées en Inde indiquent que la nappe phréatique d'une bonne partie de la plaine du Gange-Meghna-Brahmapoutre, qui s'étend sur tout le Bangladesh et une grande partie de l'Inde, est fortement contaminée par l'arsenic, constituant un danger pour 500 millions de personnes.

EN SAVOIR PLUS :
Association EAU VIVANTE :
http://www.eauvivante.net/pdfs/eau_secours.pdf
http://www.eauvivante.net/anneriviere/

L'eau potable salubre est essentielle (Dans le menu de gauche, sélectionner les cartes Arsenic dans les nappes phréatiques)
http://www.drinking-water.org

http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/vie-1/d/le-bangladesh-sous-la-menace-de-larsenic-empoisonnement-historique_8928/

L'eau du diable, un documentaire de Amirul Arham sur une des plus grave crise d'empoisonnement de l'humanité au Bangladesh.

Suivant le destin tragique de trois femmes contaminées, le réalisateur propose un documentaire qui cherche à comprendre les difficultés auxquelles son pays et sa population font faces depuis des années. Cet immense drame est décortiqué avec brio par Arham de manière à la fois didactique et très touchante. Car personne n'est épargné : homme, femme enfant, tous sont exposés. Le réalisateur s'efforce d'aller aux racines du mal afin d'exposer toute la complexité du problème, et ce en mettant dos à dos les responsabilités des paysans, des autorités, des scientifiques et de la communauté internationale. En effet, l'origine de la contamination reste multiple.
Ce film est un vibrant témoignage qui, à coup sûr, ne restera pas ignoré bien longtemps par un plus large public.

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