13 janv. 2008

Les pesticides présents dans les eaux superficielles et souterraines sur l’ensemble du territoire

L’IFEN vient de publier son rapport « Les pesticides dans les eaux ». Voici quelques extraits de ce rapport accablant :

Au cours de l’année 2005, des observations ont été effectuées régulièrement par les réseaux de connaissance générale, permettant ainsi d’apprécier l’état général de la qualité des cours d’eau et des nappes souterraines.

L’attribution d’une classe de qualité à chaque point de mesure, à partir de grilles normalisées (SEQ-Eau), a permis d’évaluer la contamination des milieux aquatiques. La présence de pesticides dans les eaux superficielles et souterraines est généralisée sur l’ensemble du territoire – métropole et départements d’outre-mer (DOM).

Ainsi, en France métropolitaine, des pesticides ont été détectés dans 91 % des points de mesure des cours d’eau et dans 55 % des points de mesure des eaux souterraines. Les niveaux de contamination sont significatifs : 36 % des points de mesure en eaux de surface ont une qualité moyenne à mauvaise et 25 % des points de mesure en eaux souterraines ont une qualité médiocre à mauvaise.
Le dispositif d’observation des pesticides dans les eaux se renforce d’année en année. Il n’est pas possible à ce jour de dégager des tendances d’évolution de la qualité des eaux vis-à-vis des pesticides.

Sous l’angle des résidus retrouvés dans les eaux, il s’agit du paramètre « pesticides » qui inclut toutes les substances permettant de lutter contre les organismes considérés comme nuisibles pour certaines activités, qu’ils soient utilisés en agriculture, par les gestionnaires d’équipements ou de réseaux de transport, par les collectivités locales ou les particuliers. Les teneurs en cuivre des eaux ne sont pas prises en compte dans ce bilan.

Les substances chimiques constituent le principe actif des produits. L’agriculture française en utilise environ 500. Elles entrent dans la composition de plus de 8 000 produits commercialisés. Ceux-ci bénéficient d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) délivrée par le ministre chargé de l’Agriculture, après une procédure d’évaluation du risque pour le consommateur, l’utilisateur et l’environnement. Le catalogue des produits phytopharmaceutiques et de leurs usages est disponible sur le site Internet : http://e-phy.agriculture.gouv.fr

En fonction des conditions d’utilisation et selon les caractéristiques du milieu, ces substances actives sont susceptibles de se retrouver dans les différents compartiments de l’environnement (air, sol, eau, sédiments, etc.) ainsi que dans les denrées alimentaires. Elles peuvent présenter, en sus de leurs effets intentionnels sur les parasites ou organismes visés, des dangers très variables pour l’homme et les écosystèmes, avec un impact immédiat ou sur le long terme.

LES CONCLUSIONS SONT ACCABLANTES :

Les niveaux de contamination sont souvent significatifs :
36 % des points de mesure en eaux de surface ont une qualité moyenne à mauvaise. Pour 10 % des points d’observation, les teneurs en pesticides observées peuvent affecter de manière importante les équilibres écologiques ou ne peuvent permettre l’utilisation de la ressource pour l’approvisionnement en eau potable ;

25 % des points de mesure en eaux souterraines ont une qualité médiocre à mauvaise4. Les aquifères correspondants nécessiteraient un traitement spécifique d’élimination des pesticides s’ils étaient utilisés pour produire de l’eau potable. Pour 1 % des points, les teneurs sont supérieures aux normes réglementaires et rendent ces aquifères inaptes à la production d’eau potable, sauf en cas d’autorisation exceptionnelle du ministère chargé de la Santé.

=> Lire le rapport de l’IFEN

La France reste championne d’Europe et au troisième rang mondial derrière les Etats-Unis et le Japon pour l’utilisation de produits phytosanitaires principalement l’herbicide, les insecticides ou les fongicides.

Les principaux pesticides responsables des dégradation des points de mesure sur les cours d'eau sont toujours le glyphosate (herbicide connu sous le nom commercial de Roundup), l'AMPA (acide aminométhylphosphonique et produit de dégradation du glyphosate) et deux autres herbicides : le diuron (utilisé sur les cultures fruitières) et l'isoproturon (utilisé sur les cultures céréalières).


Pour les eaux souterraines, les substances responsables des mauvais classement sont des molécules issues de la dégradation de pesticides comme par exemple le desmethylnorflurazon produit de dégradation de l'herbicide dichlobénil.

Christian Feuillet responsable de l’unité Etat des milieux à l’Ifen commentait dans Ouest France de 12 janvier « On a vraiment un phénomène de dispersion générale des pesticides dans l’environnement puisqu’on en trouve à peu près partout où on en cherche…on est dans une situation où, sur un nombre significatifs de points d’eau, l’eau n’est plus propre à son bon usage ».

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